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Rapport de condition

BOUSQUET (Joë). LE RENDEZ-VOUS D’UN SOIR D’HIVER. Deux cahiers in-4 :

lot n°16 Livres anciens et Modernes

BOUSQUET (Joë). LE RENDEZ-VOUS D’UN SOIR D’HIVER. Deux cahiers in-4 : le 1er ½ toile rouge, plats cartonnés, étiquette papier de titre collée au 1er plat, dos lisse muet , 119 ff. - le 2nd toile maroquinée noire, étiquette papier de titre collée au 1er plat, dos lisse muet , 58 ff. MANUSCRIT DE TRAVAIL COMPLET DU ROMAN DE JOË BOUSQUET PUBLIÉ CHEZ DEBRESSE EN 1933 et dédié à Jean Cassou, l’ami de la première heure. Il s’intitula d’abord "Écoute ma chérie" (mars 1929) avant que Bousquet en adopte le titre définitif le mois suivant. Il s’agit d’un texte extrêmement poétique, décrivant notamment la passion amoureuse qu’éprouva Joë Bousquet pour Ginette Augier qui apparait dans cette fiction sous les traits d’Annie. « Le Rendez-vous d’un soir d’hiver marque un moment important dans la mythologie secrète du poète. Joë va se prendre au piège de l’enfance, parce qu’une enfance est venue qui ressemblait à la sienne. » (Ginette C.-Augier). Ce manuscrit est constitué de 2 cahiers. Le 1er contient une page de titre, 119 pages de texte numérotées de 1 à 118 et une page de table des matières - le 2nd cahier contient un feuillet blanc couvert de notes au verso, 57 pages de texte numérotées de 119 à 176, la dernière constituée de la Table des matières. Rédigé à l’encre bleue, ce manuscrit contient de nombreux cartons, corrections, biffures, ajouts , Bousquet a rédigé sur les seuls rectos des feuillets, tandis que de nombreuses pages en regard du texte sont couvertes de notes qui ont ensuite été biffées. Certains chapitres du manuscrit portent les stigmates plus prononcés du travail de composition et de réécriture de l’écrivain : ainsi dans la 1ère partie le 3ème chapitre, la fin du 10ème chapitre et le commencement du 11ème qui contiennent de nombreux cartons. Le chapitre 4 de la 2nde partie a été également très retravaillé avec de nombreux repentirs, des cartons ayant parfois été collés les uns sur les autres. Le roman comprend deux parties, la première constituée de 15 chapitres, la seconde en comprenant 10. Les gardes des cahiers contiennent de nombreuses notes manuscrites de Bousquet. Sur la 1ère garde du 1er cahier on peut lire, avant qu’elles aient été biffées, les notes suivantes : « Faire évoluer, s’il y a lieu, le sentiment de Paul Servan à travers les horizons infinis qu’il lui découvre : et c’est en vue de cela qu’il faudrait introduire l’épisode du [conte ?] musulman, sur les deux arbres. [Etc.] », puis, en bas de page : « Très important : les paysages ont toujours la couleur des pensées [etc.] » et en regard, cette note jetée en marge de la page de titre : « l’inaccessible, soit dans le temps, soit dans le perfectionnement individuel ». Et sur les gardes du plat inférieur : « 10 septembre : Donner plus de force à cette première partie. Trouver le point où la nudité chante », puis « Le rire est libre comme l’air. Ris tant que le rire est au monde. Et puis, tu aurais beau te débattre avec tes grands gestes d’insecte, de guêpe, tu ne sortiras pas vivant de la maison de porcelaine, parce que c’est la nuit qui t’y a jeté » , et enfin : « Les nuits de rêve où je pleurais en écoutant chanter les hommes ». Toutes ces notes ont été biffées… Les notes sur les gardes du 2nd cahier sont également très abondantes : une liste « fétichisme / masochisme / homosexualité / inceste / narcissisme / masturbation / crime », puis « Le nom de Montségur était un souvenir dans les chansons de ma nourrice [etc.] » ou bien encore « La vie est difficile. On se met comme on peut à la place de son malheur. Et ce ne serait pas assez de baisser la voix. Il y a une nuit dans le cœur pour les yeux plus grande que le jour [etc.] » et enfin : « pourquoi un souci comme le mien passait-il doucement dans la chute des roses qui élevait jusqu’au ciel les paroles d’un air des rues ». Ces notes renvoient au texte imprimé page 202 de l’édition Albin Michel du t. 1 des Œuvres complètes et page 120 du manuscrit : « Je sais que la vie est difficile. Si haut que les jours volent, le vent toujours le même soutient leurs ailes avec de l’ombre. Mais pourquoi un souci comme le mien passait-il doucement dans la chute de roses qui élevait jusqu’au ciel les paroles d’un air des rues ? ». IMPORTANT DOCUMENT, ce manuscrit fixant le texte définitif et permettant de visualiser « le travail en train de se faire », c’est-à-dire la genèse de l’œuvre de Joë Bousquet. ¶ Joë Bousquet, Œuvres complètes, tome I, préface de Ginette C.-Augier, pp. 147 à 153, Albin Michel, 1979.

Estimation : 8 000 - 12 000 €

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