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Rapport de condition

BOUSQUET (Joë). IL NE FAIT PAS ASSEZ NOIR. 150 ff. (27 X 21 cm) de pap

lot n°15 Livres anciens et Modernes

BOUSQUET (Joë). IL NE FAIT PAS ASSEZ NOIR. 150 ff. (27 X 21 cm) de papier vergé filigrané Original India Mill, contenant 1 feuillet de titre, 1 feuillet de faux-titre avec citation, 146 pages de texte numérotées de 1 à 138 (7 pages bis et ter et une page non numérotée entre pp. 48 et 49) rédigées uniquement au recto de chaque feuillet, (3) pages de table des matières. MANUSCRIT DE TRAVAIL COMPLET DU ROMAN DE JOË BOUSQUET PUBLIÉ CHEZ DEBRESSE EN 1932 et dédié à son père, avec 2 chapitres inédits dont un de 12 pages manuscrites. C’est avec ce roman que commence la carrière littéraire de Joë Bousquet. Son roman "Il ne fait pas assez noir" est en effet bien accueilli et des écrivains tels que Carlo Suarès, Jean Cassou ou Paul Éluard se montrent enthousiastes, « frappés par l’originalité de son écriture où les idées se revêtent de chair et les images, d’un poids de pensée, tantôt dans la profondeur des rapports poétiques, tantôt dans le faux air d’imaginaire qui se communique à la réalité immédiate » (René Nelli). Rédigé à l’encre violette, le manuscrit comprend aussi bien des pages sans ratures que des pages contenant de très nombreuses corrections (ratures, ajouts, 4 cartons manuscrits pp. 83, 105, 124 et 125, etc.) , 5 pages sont tapuscrites (pp. 52 à 54, 60, 75) et 2 cartons tapuscrits insérés aux pages 133 et 134, tous ces tapuscrits contenant des corrections manuscrites. Ainsi le manuscrit alterne des pages manifestement réécrites et mises au propre avec des feuillets constellés de corrections qui paraissent de premier jet. Bien qu’il s’agisse du texte définitif, nous avons relevé dans ce manuscrit un certain nombre de différences, plus ou moins importantes, avec le texte imprimé : tout d’abord des variations dans la ponctuation, les intervalles et les rejets de lignes ou de paragraphes. Puis une modification en fin de paragraphe de la page 72 du manuscrit : « Et je me répète en tremblant, désespéré de n’être qu’un homme, qu’au jour levant, pour condamner ma vie, mon bel amour a relevé la sienne. » qui devient page 115 de la version imprimée « qu’au jour levant, pour m’exiler, mon bel amour a relevé sa vie. » Enfin trois suppressions notables dans la version définitive sont à noter. Tout d’abord un paragraphe page 19 du manuscrit n’a pas été reproduit dans la version imprimée (page 92) : « J’attends toujours. J’ai trouvé dans mon cœur l’amour des mains qui se tendront vers les miennes. Mon cœur est assez fort pour m’ôter la force de les saisir. Les mots qui me viennent à la bouche, je craindrais trop que ma voix n’appelât sur eux tout le froid de ma solitude. Ils ne se tournaient pas vers ma vie sans raconter de quelle impossible présence ils me tiennent lieu. » , ensuite le court chapitre IV (13 lignes) de la version manuscrite a été entièrement supprimé : « Si par hasard tu rencontres la vérité, ce n’est pas le tout de l’amadouer. […] La vérité, nous ne saurions l’envisager que corrompue , nos yeux l’ignorent , ou la corrompent en la dévisageant. » , enfin le chapitre IX du manuscrit, constitué de 12 pages (pp. 99 à 110) a lui aussi été entièrement supprimé. On constate ainsi que le texte définitif imprimé est constitué de 10 chapitres et d’une postface alors que le manuscrit comptait 12 chapitres et une postface. En fait Bousquet a nommé 2 chapitres « II » dans le manuscrit , le second chapitre numéroté « II » commençant par « Je m’éveille sous un ciel gris […] » deviendra le chapitre « III » dans la version imprimée tandis que le chapitre III du manuscrit (« L’ombre de cette chambre […] ») deviendra le chapitre IV de la version imprimée. Dans la partie inférieure de la page de titre, on trouve cette énigmatique mention manuscrite : « Lire en le traduisant un texte allemand » , on notera également que la page de titre a été agrémentée d’un bandeau sur lequel Bousquet a inscrit en escalier ces trois mots : « Aimer / Donner / Mourir » , enfin, la dernière partie de l’ouvrage, qui suit le chapitre X, est intitulée dans la version imprimée : « Et la préface ? ... » alors que dans le manuscrit Bousquet n’a pas donné de titre à cette dernière partie et a seulement précisé : « Commencer une page après de très larges blancs ». On trouve des notes manuscrites au verso de quelques feuillets du texte de Bousquet : p. 65 (« Mon regard m’a retranché de ce qu’il voit / Mais mon être est tout ce qui se refuse à mes yeux / Narcisse / Incorporer / associer mon apparence au miracle [etc.] », p. 78 (« le verbe reprend ses droits » [biffé] et enfin p. 138 un long texte biffé : « Te voir et t’aimer, c’est avant tout vivre, et faire la mort et l’hiver dans tout ce qui précédait ta venue, c’est croire en toi, croire que ton âme était assez belle pour créer la mienne et pour en inventer la vie à travers tout [etc.] T’aimer, c’est me quitter, douter au bénéfice de ce que tu me dis de cela même qui tombe au pouvoir de mes sens. » On JOINT la chemise cartonnée du bloc de papier à lettres « Original India Mill » d’où proviennent très probablement les feuillets de ce manuscrit. Elle contient plusieurs mentions manuscrites : « particulier, / particularisation » - « trogne confite » - « après le présent chapitre / cahier noir et / littérature [entouré] / puis / avant [?] / enfin / coffret à cigarettes » et d’autres mentions malheureusement à demi-effacées, difficilement lisibles. IMPORTANT DOCUMENT MANUSCRIT, EN FEUILLES, DE LA PREMIÈRE ŒUVRE LITTÉRAIRE D’IMPORTANCE DE JOË BOUSQUET. ¶ Joë Bousquet, Œuvres complètes, tome I, préface de René Nelli, pp. 79 à 82, Albin Michel, 1979.

Estimation : 8 000 - 12 000 €

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