De la salle des ventes au Musée Saint Raymond

par | Déc 16, 2021 | Objets d'art & antiquités

Vendue par Primardeco, la Tête de Faune gallo-romaine a intégré les collections permanentes du musée Saint Raymond à Toulouse. Pascal Capus, Chargé des collections de sculptures et numismatiques, Responsable d’exploitation musée et sites et Correspondant mécénat au Musée Saint Raymond a gentiment accepté de revenir sur cette belle histoire.

Enrichir les collections permanentes, un devoir pour tous les Musées de France

 

Depuis quelques années, tous les musées dotés de l’appellation « musées de France » délivrée par le ministère de la Culture ont pour mission, entre autres, de « conserver, restaurer, étudier et enrichir leurs collections »[1]. Dans ce contexte, de nombreuses œuvres d’art vendues aux enchères intègrent les collections permanentes des plus grands musées de France.

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Afin de dynamiser leur politique d’acquisition, les musées français ont recours à une loi, fixée le 31 décembre 1921 et modifiée le 10 juillet 2000, qui leur confère le droit de préemption. Ils sont alors prioritaires pour acquérir l’œuvre.

Pour intégrer les collections d’un musée, l’œuvre en question doit présenter des qualités historiques et esthétiques indéniables et son historique doit être parfaitement clair et limpide. Tous les critères étaient en l’occurrence réunis pour cette très belle Tête de faune repérée par Pascal Capus.

eUne œuvre d’art aux multiples intérêts pour le musée

 

Comme tous les musées de France, le musée Saint Raymond est soumis à la rédaction d’un Projet Scientifique et Culturel (PSC). Ce document « définit les grandes orientations et les stratégies du musée »[1]. Selon Pascal Capus, le musée Saint Raymond inscrit depuis de très nombreuses années dans son PSC sa volonté de conserver le patrimoine local et régional. La Tête de faune ayant été découverte dans l’Aveyron, elle enrichit la collection permanente du musée sur le patrimoine régional.

Comme le précise Pascal Capus son lieu de découverte n’est pas le seul intérêt que représente cette tête. Elle a surtout des qualités historiques et esthétiques indéniables.

Tout d’abord, cette œuvre date de l’Antiquité. Or, le musée détient la deuxième collection de sculpture romaine en marbre après le Louvre. Cette œuvre d’art gallo-romaine s’intègre donc naturellement à la collection exceptionnelle du Musée Saint Raymond.

Ensuite, cette Tête de faune est extrêmement intéressante d’un point de vue esthétique. Selon Pascal Capus, il existe très peu de parallèle en France. A sa connaissance, seuls le Buste de Faune découvert à Vienne et une Tête de Faune découverte à Arles conservées au musée du Louvre sont d’une aussi grande qualité.

Faune de Vienne. ©2011 Musée du Louvre/Thierry Ollivier
Faune d'Arles - Musée du Louvre. ©Rama Wikimédia Commons

Ainsi, la Tête de faune vendue chez Primardeco réunissait tous les critères nécessaires (historique clair, qualités historiques et esthétiques indéniables) en vue d’une acquisition par le musée Saint Raymond.

L’avenir de cette œuvre au Musée Saint Raymond

 

            La Tête de Faune est certes un peu abîmée, mais c’est justement cet « état archéologique » qui intéresse le musée selon Pascal Capus. Contrairement aux objets découverts au XVIIIe siècle qui étaient souvent nettoyés et restaurés de manière radicale, la Tête subira simplement un léger dépoussiérage. Des analyses seront également menées pour savoir si elle était colorée. Cette étape est d’autant plus importante qu’elle s’inscrit dans le cadre d’un programme de recherches sur la polychromie mené par le musée en partenariat avec l’Université de Liège en Belgique.

 

Après avoir été placée sur un socle, le grand public pourra admirer cette œuvre au deuxième étage du musée où elle sera probablement présentée à côté d’un bronze représentant un éphèbe retrouvé dans le même secteur, près de Villefranche de Rouergue.

Ephèbe faisant une Libation ©Jean Mauferon

Ephèbe faisant une libation. Fin de l’époque hellénistique ou Haut-Empire romain. Musée Saint Raymond. ©Jean Mauferon

[1] Ministère de la Culture, « Qu’est ce qu’un musée de France ? », https://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Musees/Les-musees-en-France/Les-musees-de-France/Qu-est-ce-qu-un-musee-de-France

[2] Ministère de la Culture – DRAC Nouvelle-Aquitaine « Réaliser un projet scientifique et technique » https://www.culture.gouv.fr/Regions/DRAC-Nouvelle-Aquitaine/Patrimoines-Architecture/Musees/Realiser-un-projet-scientifique-et-culturel

 

Ventes aux enchères d'objets d'art à Toulouse

Tout au long de l’année, chaque semaine, Primardeco organise des ventes aux enchères d’objets d’art et d’antiquités. Douze à quinze milles œuvres, issues de collections privées, sont vendues chaque année par Primardeco sur le marché de l’art national et international. Cela couvre des domaines aussi variés que les objets de curiosité et de collection de l’époque antique au design contemporain, des verreries art déco, des sculptures en marbre ou en bronze, des meubles, des arts de la table, des objets d’art sacré ou populaire, des bibelots, porcelaine, faïence, ou des créations des arts premiers.

Enchères objets d'art et antiquité Toulouse

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